L’accompagnement du mourir et le deuil créateur dans le contexte de la perte du conjoint. Quelques aspects transculturels

Auteurs

Kossigan Kokou-Kpolou, Charlemagne Simplice Moukouta, Marie-Frédérique Bacqué, Dzodo Eli Kpelly, Lucy Baugnet.

Résumé

Les auteurs de cette étude ont examiné une hypothèse jusqu’alors restée théorique, selon laquelle les rituels de trépas (assistance affective au mourant, actes rituels laïcs ou religieux, discours d’adieu du mourant) faciliteraient le processus du deuil des survivants. L’étude s’est déroulée au Togo et a porté sur 162 personnes veuves (dont 88,3% sont des femmes et 11,7% des hommes) d’un âge moyen de 56,04 ans. La durée du deuil est de 112,52(ét =11,69) mois. Les résultats ont montré que près de 75 % des participants ont assisté le mourant de par leur présence avant qu’il ne meure. Dans 23,5% des cas, le dernier passage du mourant a été soutenu par des rituels (prières aux ancêtres, sacrement de l’onction des malades, prières non sacramentales). Les principaux thèmes émergeant du discours d’adieu sont : l’acceptation de la mort imminente, des recommandations à propos de l’éducation des enfants, la transmission des valeurs d’unité familiale, de respect et de réussite, les paroles de consolation, l’échange de pardon, la promesse de protection dans l’Au-delà en faveur des survivants. Cependant, pris isolément, ni le discours ni les actes religieux, ne se sont révélés statistiquement associés à l’intensité du deuil. Mais, lorsque l’on contrôle successivement l’interaction entre l’assistance portée au mourant, le fait qu’il ait tenu un discours d’adieu et la durée du deuil, l’on note un deuil moins compliqué chez le conjoint survivant (β = -1.21, ptextless.005). De plus, l’assistance donnée au mourant est corrélée avec la perception d’un changement psychosocial positif après le deuil (r = .173, ptextless 0.05). Les auteurs en concluent que l’assistance affective, donnée par un proche du mourant, est ce qui donne sens aux actes rituels et aux dernières paroles de ce dernier. Enfin, la durée du deuil doit être prise en compte pour évaluer les effets bénéfiques des rituels de trépas sur le processus du deuil. Ils en appellent aux rôles irremplaçables de la famille dans la phase de la fin de vie de leur proche mourant, et aux professionnels en soins palliatifs à favoriser un espace d’échange pouvant libérer les paroles suspendues du mourant. fin de vie travail du trépas rituels deuil compliqué conjoint Afrique-Togo

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