Surveillance des tentatives de suicide traitées dans les salles d'urgence de la région montréalaise

Auteurs

Janie Houle, C Poulin.

Résumé

L’objectif général de cette étude est d’examiner le potentiel des systèmes d’information et de gestion des départements d’urgence (SIGDU) comme outil de surveillance. Elle comporte deux volets. Le premier consiste en une tournée des salles d’urgence des hôpitaux généraux de la région de Montréal visant à inventorier les SIGDU qui y sont implantés et en décrire les différents usages. Des entrevues en face à face sont alors effectuées auprès des infirmières-chef des urgences. Le second volet de l’étude implique la réalisation d’une collecte de données dans les dossiers médicaux et les SIGDU, afin d’estimer l’ampleur de la sous-déclaration des tentatives de suicide dans ces systèmes. Il s’agit d’une expérimentation pilote puisqu’elle porte sur une période d’un mois et se limite à deux urgences de la région. De concert, les deux volets de l’étude visent à formuler des recommandations quant aux actions à entreprendre pour améliorer la validité des informations tirées des SIGDU. L’étude pilote révèle une importante sous-déclaration des tentatives de suicide dans les SIGDU. Alors que la collecte de données dans les dossiers médicaux permet l’identification de 35 tentatives de suicide au cours de la période à l’étude, l’analyse des informations contenues dans les SIGDU montre que seulement 14 d’entre elles y sont explicitement rapportées. La lecture de la raison de consultation notée par l’infirmière lors du triage permet de déduire qu’il s’agit d’une tentative de suicide pour 14 autres patients, puisqu’il y est fait mention, à la fois, d’un comportement (intoxication ou lacérations, par exemple) et d’une intention suicidaire. Toutefois, il s’avère impossible de statuer en la présence d’une tentative de suicide pour 7 individus. Considérant le fait que tous les hôpitaux utilisent un SIGDU pour y consigner les nouvelles admissions à l’urgence, il s’agit d’un outil de surveillance au potentiel intéressant. Toutefois, le manque d’homogénéité qui prévaut à l’heure actuelle, tant au plan de la diversité de SIGDU implantés que des différences dans leurs modes d’utilisation, rend difficile la production de données régionales. Plus important encore, les tentatives de suicide sont largement sous-déclarées dans ces systèmes. Ceci s’explique en grande partie par le fait que le personnel des urgences ne mentionne pas toujours l’intention suicidaire ayant conduit la personne à s’infliger des blessures, se limitant plutôt à la cause physique de la visite à l’urgence, à savoir l’«intoxication médicamenteuse» ou la «lacération». Quelques recommandations se dégagent de cette étude. Tout d’abord, il apparaît essentiel de : 1) doter tous les SIGDU d’un échelle de triage et de gravité (ETG) et d’un groupe de patients ambulatoires correspondant aux diagnostics secondaires posés par le médecin lors du congé du patient (GPA) comportant la catégorie «tentative de suicide». Par ailleurs, puisque la disponibilité de la catégorie n’est pas garante de son utilisation, il est recommandé de : 2) faire apparaître la catégorie «tentative de suicide» à chaque fois que celle d’«intoxication» est cochée dans l’ETG; 3) sensibiliser les médecins à l’importance de déclarer toutes les tentatives de suicide dans les diagnostics finaux; 4) former les infirmières à reconnaître les cas de tentatives de suicide et à cocher systématiquement la catégorie «tentative de suicide» lorsque approprié. QUÉBEC MONTRÉAL TENTATIVE URGENCE HOSPITALISATION MOYEN ÉVALUATION-CLINIQUE ÉPIDÉMIOLOGIE DOSSIER-PATIENT INFORMATION CAUSE-DÉCÈS VALIDITÉ HÔPITAL PATIENT HOMME FEMME GENRE PERSONNEL-MÉDICAL ORDINATEUR IDÉATION ÂGE ADOLESCENT JEUNE-ADULTE ADULTE AÎNÉ CONGÉ-HOSPITALIER ABUS-SUBSTANCE ALCOOL DIAGNOSTIC CERTIFICATION

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