Relève en recherche pour l’avancement des connaissances en prévention du suicide

samedi 6 février 2021

Dans le cadre de la 31e Semaine nationale de prévention du suicide, le CRISE souhaite souligner l’apport majeur de la recherche pour la prévention du suicide. Du 31 janvier au 6 février 2021, le CRISE présente chaque jour un projet de recherche et ses impacts concrets sur les interventions et pratiques de prévention du suicide.

Le CRISE, c’est aussi plus de 40 étudiant(e)s aux cycles supérieurs en provenance de sept universités au Québec. Véritable relève en recherche, ces étudiant(e)s contribuent déjà à l’avancement des connaissances en prévention du suicide grâce à leurs projets pertinents et diversifiés.

En cette 31e Semaine de prévention du suicide, le CRISE met à l’honneur quatre projets étudiants méritoires:

Répétition des tentatives de suicide: comprendre le vécu des personnes vues à l’urgence pour un geste suicidaire

Qu’est-ce qui fait en sorte d’une personne répète ou ne répète pas le geste suicidaire après une admission à l’urgence pour une tentative de suicide? Quels processus peuvent être mis en place pour favoriser le rétablissement des personnes suicidaires après leur congé de l’hôpital?

ambulance

Dans le but de mieux comprendre le vécu des personnes suicidaires vues à l’urgence pour une tentative de suicide, des entrevues avec 28 participant(e)s ont été réalisées, explorant en profondeur leur processus suicidaire avant leur passage à l’urgence, durant leur séjour et après avoir obtenu leur congé. À terme, le projet proposera une ébauche de modélisation du processus suivant le congé de l’hôpital, afin d’améliorer la prise en charge des personnes suicidaires et favoriser leur rétablissement.

Ce projet est le volet qualitatif d’un projet de recherche mené par le CRISE, intitulé Prévention de la récidive des tentatives de suicide: une étude des parcours de soins selon le genre.

Retombées actuelles ou prévues

  • Connaître la perception des personnes suicidaires quant aux principales sources de soutien après une tentative de suicide et ce, à tous les niveaux (proches, ressources communautaires, milieu de soins, etc.)
  • Contribuer à l’avancement des connaissances pratiques et scientifiques en prévention du suicide, en particulier sur le processus des personnes ayant fait une tentative de suicide, en vue d’améliorer leur prise en charge après une tentative de suicide et de favoriser le développement de programmes pour prévenir la répétition des tentatives de suicide.

Étudiante chercheuse
Fanny Bréart de Boisanger, étudiante au doctorat en psychologie, UQAM

Axes de recherche du CRISE
Axe 1 – Vulnérabilités, facteurs de protection et résilience au suicide
Axe 2 – Interventions pour prévenir le suicide et ses conséquences

Titre de la thèse
Comprendre le processus de répétition de la tentative de suicide à l’urgence pour une tentative: une recherche par théorisation ancrée

Superviseur
Brian L. Mishara, PhD, professeur au département de psychologie et directeur du CRISE, UQAM

Financement
Co-récipiendiaire de la bourse de la Fondation Dédé Fortin, 2014

L’impact du suicide d’une personne âgée sur ses enfants et petits-enfants

Le suicide d’un proche peut avoir des impacts psychosociaux majeurs sur les personnes endeuillées. Peu d’études existent sur le deuil des adultes suite au décès par suicide d’un proche âgé, mais les données disponibles montrent que le suicide constitue un choc et peut être source de conflits familiaux. Les perceptions sociales et les préjugés entourant le suicide des aînés – par exemple, l’idée selon laquelle il s’agit d’un geste rationnel pour une personne âgée malade – peuvent aussi influencer le processus de deuil des personnes touchées.

Ce projet vise à mieux comprendre le vécu des adultes endeuillés par le suicide d’un parent âgé ou d’un grand-parent. Des entrevues semi-structurées avec 22 participant(e)s endeuillé(e)s ont été réalisées pour explorer en profondeur leur vécu, leurs besoins et leur processus de deuil. Grâce à une analyse qualitative, le projet vise à déterminer si les endeuillés par suicide d’un proche âgé constituent un groupe ayant un vécu distinct et des besoins différents des autres groupes d’endeuillés, nécessitant ainsi un soutien particulier.

Retombées actuelles ou prévues

  • Transfert des connaissances: Deux articles publiés dans une revue avec comité de pairs, un chapitre de livre et un article publié dans un blogue de l’Université du Québec à Trois-Rivières, et deux présentations données dans le cadre d’activités scientifiques.
  • Développer les connaissances sur l’impact sur les adultes du suicide d’un parent plus âgé ou d’un grand-parent, afin de déterminer s’ils nécessitent un soutien particulier, différent des autres groupes d’endeuillés par suicide.
  • Permettre aux participants de s’exprimer ouvertement sur leur vécu et leur processus de deuil
  • Soutenir l’amélioration des programmes auprès de ces endeuillés en établissant des cibles et stratégies d’intervention adaptées à leur réalité et leurs besoins.

Étudiante chercheuse
Gabrielle Michaud-Dumont, étudiante au doctorat en psychologie, Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR)

Axe de recherche du CRISE
Axe 2 – Interventions pour prévenir le suicide et ses conséquences

Titre de la thèse
L’impact du suicide d’une personne âgée sur ses enfants et petits-enfants

Superviseure
Sylvie Lapierre, PhD, directrice, professeure de psychologie, UQTR, directrice, Laboratoire interdisciplinaire de recherche en gérontologie (LIREG)

Âgisme et idées suicidaires chez les aînés

L’âgisme, ou discrimination en raison de l’âge, peut-il mener au développement d’idées suicidaires? C’est la question à laquelle cet essai doctoral en psychologie souhaite répondre. À travers une exploration théorique, ce projet vise à établir des liens entre les théories de l’âgisme, d’une part, et du suicide, d’autre part, afin de mieux comprendre en quoi l’expérience de discrimination liée à l’âge peut influencer le processus suicidaire des personnes de 65 ans et plus.

Dans notre société où la vieillesse est souvent vue à la fois comme une série de déclins et une période de loisirs et de liberté, le projet cherche à mettre en lumière comment ces discours dominants alimentent une vision âgiste au sein de la société et en quoi cette vision peut concourir au développement d’idées suicidaires chez cette population.

Retombées actuelles ou prévues

  • Dégager un ensemble de questions de recherche prioritaires pour mieux comprendre le suicide des aînés en lien avec l’expérience de discrimination liée à l’âge
  • Faire avancer les connaissances pour mieux comprendre le vécu des personnes âgées et comment l’expérience de la discrimination influence le processus suicidaire chez cette population (en tant que facteur socioculturel du suicide)
  • Transfert des connaissances: publication d’un article scientifique pour communiquer les résultats du projet et les questions prioritaires pour la recherche future; présentations des résultats lors de congrès autant en suicidologie qu’en gérontologie.

Étudiant chercheur
Rock-André Blondin, étudiant au doctorat en psychologie, UQAM

Axe de recherche du CRISE
Axe 1 – Vulnérabilités, facteurs de protection et résilience au suicide

Titre de l’essai doctoral
L’âgisme peut-il contribuer au développement d’idées suicidaires? Une exploration théorique des liens entre l’âgisme et le suicide pour mieux comprendre le suicide chez les personnes de 65 ans et plus.

Superviseure
Valérie Bourgeois-Guérin, PhD, professeure au département de psychologie, UQAM

Sentinelles en prévention du suicide: mieux comprendre les impacts de la formation québécoise

Ce projet de recherche doctoral a pour objectif de mieux comprendre les effets sur les participants de la formation « Agir en sentinelle pour la prévention du suicide », développée par l’Association québécoise de prévention du suicide (AQPS).

Plus précisément, il vise à 1) déterminer quelles sont les connaissances, attitudes, et perceptions développées et comment les sentinelles les mettent en pratique, 2) décrire les caractéristiques des différents milieux (scolaires, agricoles, entreprises, etc.) qui pourraient influencer la capacité d’action des sentinelles et 3) explorer les caractéristiques des personnes vulnérables au suicide identifiées et référées par les sentinelles.

Retombées prévues

  • Développer une compréhension approfondie des effets de la formation de sentinelles sur les participant(e)s.
  • Générer des connaissances propres au programme et au contexte québécois.
  • Montrer l’efficacité de la formation de sentinelles pour soutenir les partenaires qui souhaitent déployer le programme.
  • Fournir un premier portrait des personnes vulnérables identifiées et référées par les sentinelles formées.

Étudiant chercheur
Corentin Montiel, étudiant au doctorat en psychologie, UQAM

Axes de recherche du CRISE
Axe 1 – Vulnérabilités, facteurs de protection et résilience au suicide
Axe 2 – Interventions pour prévenir le suicide et ses conséquences

Titre de la thèse
L’évaluation des effets de la formation sentinelle en prévention du suicide sur les participants

Superviseur
Brian Mishara, PhD, professeur au département de psychologie, directeur du CRISE, UQAM

Partenaires

  • Tania Boilar (JEVI Centre de prévention du suicide — Estrie)
  • Renée-Claude Laroche (Centre de prévention du suicide de Charlevoix)
  • Joyce Lawless (Centre de prévention du suicide de Lanaudière)
  • Lynda Poirier (Centre de prévention du suicide de Québec)
  • Sandrine Vanhoutte (Centre d’écoute et de prévention du suicide Drummond)