UQAM - Université du Québec à Montréal Faculté des sciences humaines
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Publication du membre du CRISE

Genest Christine
Professeure adjointe
Université de Montréal

Genest, C. (2015). Le processus de résilience familiale suite au suicide d’un adolescent(e) : différentes trajectoires pour émerger de cette blessure indélébile. Dans F. Julien-Gauthier & C. Jourdan-Ionescu (éds), Résilience assistée, réussite educative et réadaptation. Québec : Livres en ligne du CRIRES. En ligne http://lel.crires.ulaval.ca/public/resilience.pdf.

Lorsque le suicide d’un adolescent survient au sein d’une famille il entraîne une situation de crise pour le système familial. En effet, comme le suicide est une mort violente, soudaine, imprévue et autoinfligée, cela a pour effet d’engendrer un deuil particulier (Clements, DeRanieri, Vigil et Benasutti, 2004 ; Fauré, 2007). Même si, d’un point de vue quantitatif il est difficile d’identifier les différences entre le deuil suite à un suicide et les autres types de deuil, certaines particularités ressortent d’un point de vue qualitatif (Castelli, 2003 ; Fauré, 2007 ; Jordan et McIntosh, 2011 ; Lester, 2004 ; Séguin et Huon, 1999 ; Sveen et Walby, 2008). Tout d’abord, en plus du déni de la mort en soi, les endeuillés par suicide peuvent aussi vivre du déni face à la cause même du décès. De plus, la recherche de sens est importante puisque les endeuillés souhaitent comprendre le pourquoi du geste. Ensuite, ils peuvent vivre de la culpabilité face au geste qu’ils n’ont pu prévenir. Comme le suicide est encore un sujet tabou, les endeuillés peuvent également subir de la stigmatisation et de la honte. Sur le plan émotif, les endeuillés peuvent également ressentir de la colère envers le défunt et un sentiment d’abandon en raison de la mort qui est auto-infligée. De plus, lorsqu’il s’agit du suicide d’un adolescent, le deuil peut être plus difficile car cela ne correspond pas au cycle normal de la vie (McGoldrick et Walsh, 1991). D’ailleurs, lorsque le système familial se retrouve avec des adolescents, il est en période de bouleversements, de transformations et de négociations (de Montigny et Beaudet, 1997 ; Wright et Leahey, 2013). En effet, dans le cycle de vie d’une famille, la période comprenant l’adolescence des enfants en est une charnière puisqu’au même moment, les enfants revendiquent leur autonomie, les parents se retrouvent en période de remise en question face à leur avenir et les grands-parents peuvent demander des soins supplémentaires (Wright et Leahey, 2013). En ce sens, la famille se trouve déjà en crise développementale avant même que survienne le suicide. Donc, lors du décès de l’adolescent, la famille se retrouve en surcharge (de Montigny et Beaudet, 1997 ; Walsh et McGoldrick, 1991). Malgré toutes ces particularités et ces difficultés, il appert que la plupart des familles continuent à fonctionner en tant que système et peuvent même croître et mûrir à travers une expérience comme le suicide d’un adolescent.

http://lel.crires.ulaval.ca/public/resilience.pdf.

Mise à jour : 12/12/2016

 
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