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Problématique et approche
Quelques faits

Selon le Rapport mondial sur la violence et la santé publié par l'Organisation mondiale de la santé, à l'échelle internationale, autant de décès sont attribuables au suicide qu'aux actes terroristes, aux guerres et aux homicides combinés. Chaque année, près d'un million de personnes meurent à la suite d'une tentative de suicide. Dans presque tous les pays du monde, le suicide est beaucoup plus fréquent chez les hommes que chez les femmes.

D'après les données de Statistiques Canada, le suicide fait plus de victimes que le SIDA. Depuis 1970, le taux de suicide est plus élevé chez nous qu'aux États-Unis.

Au Québec, chez les hommes de vingt à trente-neuf ans, le suicide représente la première cause de décès selon l'Institut de la statistique du Québec. Selon le rapport de l'Institut national de santé publique du Québec (La mortalité au Québec : Une comparaison internationale), depuis vingt ans, les taux de décès par suicides augmentent et figurent parmi les plus élevés au Canada et dans les pays occidentaux. Il y a quatre fois plus de suicide chez les hommes que chez les femmes. Certains groupes de la population sont particulièrement vulnérables au suicide, notamment les personnes qui souffrent d'un trouble mental.

Les tentatives de suicide et les idéations suicidaires sont beaucoup plus fréquentes que les suicides complétés. Sur cent tentatives de suicide, une se conclura par un décès. Près de quatre pour cent des Québécois de quinze ans et plus admettent avoir sérieusement pensé au suicide selon l'Enquête Sociale et de Santé. Les impacts du suicide sont énormes sur les proches, l'entourage et la société. Selon les estimations d'une étude américaine, une personne sur quatorze connaît quelqu'un qui s'est suicidé au cours des douze derniers mois. Chaque suicide plonge plusieurs personnes dans le deuil, ses effets s'avèrent désastreux pour en moyenne six endeuillés. On ne peut évaluer avec exactitude la souffrance et les coûts entraînés par les pertes de vie conséquentes au suicide.

Complexité du problème

Il n’existe pas une explication simple du suicide, les causes du suicide sont multidéterminées. La médecine, la psychologie et les sciences sociales contribuent à la compréhension du suicide. Bien que les troubles mentaux soient fortement associés au suicide, ils ne suffisent pas à l’expliquer puisque la majorité des personnes qui souffrent de tels troubles ne se suicident pas. Pour comprendre le suicide, il faut donc considérer l’histoire et le contexte de vie des personnes suicidaires. Les caractéristiques de l’environnement, les valeurs sociétales et les politiques sont aussi des facteurs à considérer pour fournir des explications au suicide.

Approche du CRISE

Le CRISE a la conviction que la prévention du suicide exige des actions concertées entre les chercheurs, les intervenants et la communauté. Ces actions doivent viser non seulement les individus, mais aussi l’environnement et la société. Le CRISE a donc adopté un cadre écologique qui s’appuie sur la compréhension des rapports complexes entre l’individu et son milieu.

La recherche en suicidologie oblige une étroite collaboration intersectorielle entre les chercheurs issus tant des sciences de la santé que des sciences sociales. Convaincu de la nécessité de créer des maillages entre la recherche et la pratique, le CRISE table sur les collaborations étroites établies avec des organismes concernés par la problématique du suicide. Les partenaires participent avec les chercheurs au développement des projets de recherche, à leur réalisation, à l’interprétation des résultats ainsi qu’à la diffusion des conclusions auprès des responsables de l’élaboration de politiques et des organismes qui oeuvrent en prévention du suicide.

 
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UQAM - Université du Québec à Montréal  ›  Mise à jour : février 2006